Des
tours d'entourloupettes
et des têtes à claques
déclenchent des flots
roulants de rires.
Des voltigeurs cavalent à
bride abattu dans les pas
des chevaux bien gigotés.
des bouffeurs de vide aux
formes souples, affranchis de
la pesanteur commune,
dessinent des lignes dans
l'espace. L'air d'un concertina
et le tintement des clochettes
d'argent se calent sur une
partition intime. Une femme
araignée fend l'air de ses
jambes couperets et crochète
sa vie à un fil pour goûter
aux gravitations célestes.
Des coups de reins périlleux,
des équilibres critiques, des
membres contorsionnés à
l'élasticité éprouvée...
Dans
le rond de sciure,
ça poumone, ça bande
et ça sue. Sous les paillettes,
l'entraînement éprouvant et le
rude apprentissage de la chute
des corps. Il faut savoir
dénouer le souffle pour faire
mouvoir les chairs jusqu'à ce
qu'elles parlent. Plonger tête
baissée dans le gouffre qui
s'ouvre béant au-dessus de soi.
Avoir le don de se décomposer
le corps civil, maintenu bien en
ordre. Faire l'animal savant et
exécuter chaque jour une
nouvelle danse, juste pour
s'étourdir et se délester des
lourdeurs rancunières.
Annie Fratellini, l'énergie
clownesque bien trempée,
s'en est allée, crevant le petit
chapiteau de toile pour aller
allumer une étoile.
François Brumas. 31 ans. Réside à Limoges. Webmaster de
ce site. Occupation professionnelle : journaliste, photographe et infographiste,
pour les publications du Conseil Régional du Limousin.